Première avarie

Nous sommes le 7 mars 2020, le bateau est à port Bourgenay (85), nous avons prévu Charles et moi de faire un essai moteur, avant de sortir le bateau de l’eau dans les prochains jours pour le stocker à sec, afin de commencer les travaux. Il est 10h30, le moteur démarre sans soucis, nous larguons les amarres, marche arrière, puis marche avant, nous quittons notre place, direction le ponton visiteur, virons à bâbord, demi tour à 360°, retour en direction de notre place de ponton, virons à tribord pour rentrer en marche avant. Au moment de ralentir le bateau et donc de passer en marche arrière, Charles m’indique un souci, il est à la barre, je suis à l’avant pour préparer l’amarre, plus de marche arrière … Impossible de ralentir le bateau, le moteur refuse de passer en marche arrière, un bruit d’emballement, pas de sensation dans la barre, nous filons droit sur le quai ! L’impact est inévitable, le bruit est sourd !

Après cet impact, nous n’avons toujours pas de propulsion, ni en marche avant, ni en marche arrière. Je suis trop éloigné du ponton pour sauter et l’amarrer en urgence, afin de stopper sa lente dérive en arrière. Nous essayons la manette des gaz dans tous les sens, rien n’y fais, l’hélice ne répond plus, le moteur lui monte et descend dans les tours, mais la propulsion est inexistante. Notre première déduction est que l’hélice n’est plus sur son arbre. En attendant, nous dérivons à la marée descendante, ce qui ne nous rassure pas, puisque la marée nous fait sortir du port et que les vagues se fracassent sur la digue du port. Entre l’impact et le moment où nous appelons la capitainerie pour venir nous récupérer, il s’est écoulé, environ 10 minutes. Nous sommes à l’encre dans le chenal, la poupe à environ deux mètres des rochers.

Le zodiac arrive, il nous demande ce qui se passe, nous lui expliquons rapidement, pas de problème, il va nous remorquer jusqu’à notre place à environ cent mètres. Nous amarrons le bateau au ponton, nous remercions notre dépanneur avant qu’il ne parte et nous prenons deux minutes avec Charles sur le quai pour faire un point sur la situation et trouver une éventuelle explication. Je propose à Charles d’aller prendre un café avant de trouver d’où le problème aurait pu venir.

Quand je vais pour aller chercher mes affaires dans le carré intérieur, je découvre l’ampleur des dégâts ! Les planchers du bateau flottent dans au moins 20 cm d’eau ! Nous prenons l’eau, amarré au quai, pas de trace de trou sur la proue, la prise d’eau vient d’ailleurs. Je rappelle la capitainerie, en lui expliquant le gros souci en court, il faut nous remorquer à la cale, je joins par téléphone la société qui gère la grue sur le port, je leur explique la situation, nous organisons rapidement un second remorquage avec pour cette fois-ci, en plus de la panne de propulsion, une voie d’eau assez importante. Impossible d’activer la pompe de cale électrique, nous découvrons que celle-ci n’est pas branchée, un sourire et un fou rire nous prend. Nous ne trouvons pas le manche pour la pompe à eau manuelle, il sera plus efficace d’écoper avec un sceau que de perdre du temps à chercher dans le bateau, et nous arrivons à ralentir la montée du niveau d’eau dans le bateau. Seul les fonds de cale sont touchés, le moteur reste au sec, les batteries qui sont stockées dans le coffre tribord sont elle aussi au sec. La grue nous attend à la cale, nous sommes enfin sortie d’affaire et allons pouvoir comprendre comment cette voie d’eau a-t-elle pu apparaitre.

Il semble que la vis ou goupille fixé sur l’arbre d’hélice se serait cassé, ainsi l’arbre d’hélice aurait coulissé et serait sortie du tourteau, entrainant l’inefficacité du joint PSS et ainsi laissé une voie d’eau par l’étambot.

Cette première expérience, négative ou positive, nous a fait prendre conscience que la préparation future est importante et que chaque détail doit être analysé. Cela n’a rien changé dans la motivation et la suite du projet, qui lui se prolonge. Les soucis à sec et en mer fond partie des histoires de marin, les navigations, les escales et travaux, ne sont pas que du plaisir, c’est la réalité d’être propriétaire de bateau.

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